Amour éternel sans divorce !

La Boum de Julia Ferrari, c’est l’histoire de deux copines, pas les plus cools du collège, mais qui du jour au lendemain se retrouvent invitées à LA Boum de l’année, organisée par LA fille la plus cool du collège. Une chance unique pour Anne et Fedora de redorer le blason de leur réputation et qui sait, même peut-être d’attirer l’attention du « garçon voisin » tant désiré depuis tant d’années. Une perle pour ce numéro de CIEL#9 sur la drague...

Nous sommes en 1996, et en 1996 la réalisatrice, Géraldine de Margerie, est âgée de 15 ans. Quoi de plus naturel pour cette journaliste passionnée de mode que de recontextualiser tout un univers dans lequel elle a grandie. Toute la mise en scène sent bon les années 90, le dresscode fait mouche et la chaine hifi Akaï ambiance le dancefloor. De la même façon, le travail d'écriture permet au spectateur de se sentir complètement immergé au pays d'Ophélie Winter et d'Hélène et les garçons. C'est donc dans ce monde aux normes acidulées que les jeunes Anne et Fedora vont tenter de se faire une place à la Boum de Julia.

« Oh le vent !!... »

La thématique de la drague est ici abordée à partir du personnage d'Anne. En effet, la jeune adolescente pleine de confiance après avoir chanté Sentiment d'Océan de Gérard Blanc devant ses camarades conquis, se retrouve nez à nez au milieu de la piste de danse, avec le « garçon voisin ». Ce dernier encore sous le charme de la prestation vocale qu'il vient d'entendre, y va de ses petits compliments, promettant à Anne un grand avenir de chanteuse car dotée d'une « voix pure », il voit la jeune fille particulièrement à l'aise, « dans son élément » et va même aller jusqu'à lui dire qu'il la trouve « trop mignonne ». Il n'en faut pas plus à Anne pour y voir là le signal. Elle s'approche de lui, rapprochant ses lèvres de celles du « garçon voisin » jusqu'au moment où celui-ci finit par reculer, mettant ainsi à la pauvre Anne un vent qui fera d'elle la risée de tous ses petits camarades.

La pauvre fille, qui pourtant la veille avait pris ses infos auprès de sa "besta" Fedora, afin d'anticiper au mieux ce moment fatidique, doit donc faire face à cette solitude tant connue des adolescents lésés, mais qui eux au moins ont eu le mérite d'aller chercher la vérité !

Dès lors, la drague dans La Boum de Julia Ferrari est traitée de façon à appréhender au mieux les éventuelles ouvertures auprès de la personne désirée. Il s'agit d'être sûr que l'individu que l'on convoite éprouve les mêmes sentiments. Car si échec il y a, les répercussions risques d'être doubles. En effet la déception, si elle sera avant tout personnelle, s'exprimera également au travers des moqueries des autres collégiens, témoins pourtant d'un acte de courage que peu d'entre eux aurait eu l'audace d'assumer.  

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