Carte blanche à Benjamin Renner

Pour CIEL#3 "Spécial cinéma d'animation" (juin-septembre 2015), nous avons demandé à Benjamin Renner, réalisateur de films d'animation, de nous proposer un court métrage de son choix. Le film choisi est Je repasserai dans la semaine, d’Alizée Cholat, Sophie Devautour et Loïc Espuche. Une co-réalisation de trois jeunes réalisateurs formés à l'EMCA, l'Ecole des métiers du cinéma d'animation à Angoulême.

JE REPASSERAI DANS LA SEMAINE, un film d’Alizée Cholat, Sophie Devautour et Loïc Espuche
France / 2013 / animation / 8 minutes
Mon grand-père vient de mourir, la dernière fois que je l'ai vu c'était avec toi.

Scénario Loïc Espuche, Alizée Cholat, Sophie Devautour / StoryBoard Loïc Espuche / Animatique Alizée Cholat, Loïc Espuche / Colorscript Sophie Devautour, Alizée Cholat / Animation Sophie Devautour, Loïc Espuche, Alizée Cholat, Bernard Bui, Josselin Facon, Paul Duru, Roxane Herbstmeyer / Compositing Alizée Cholat / Musique "El Barrio" et "Bellygun" de Yomourt / Voix Madeleine Aderhold-Waller, Benjamin Kohen, Loïc Espuche, Gilles Espuche / Production EMCA – Ecole des Métiers du Cinéma d’Animation.

Compétition nationale - Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, 2015

Le point de vue de Benjamin Renner :
"L'animation est très souvent propice à nous offrir des mondes imaginaires, dragons, châteaux, animaux qui parlent... Mais si incroyables ces choses soient-elles, ça n'aura pas d'intérêt pour nous spectateurs tant qu'elles ne parviendront pas à se lier à nos vies, aux émotions quotidiennes ou exceptionnelles que nous vivons. Le film de Loïc, Sophie et Alizée illustre un monde réel, sans aucune abstraction, sans aucun fantastique, il nous fait vivre un instant de vie. Avec peu de choses, on est projeté dans la scène et on ressent toutes les émotions de ceux qui l'ont vécu. L'animation et le dessin peuvent servir à devenir un reflet de la vie, épuré de tout ce qui est superflu. Ce film en est un exemple parfait".

Créé à l’aide de 6 mains et de logiciels complexes, le choix de l’animation dans l’adaptation d’un tel scénario s’avère presque nécessaire. En effet, comme le dit si bien la co-réalisatrice Alizée Cholat: « le dessin apporte une certaine pudeur nécessaire à la narration d'une histoire vraie ».
 Cette création numérique en couleur filmée au format classique 16/9 est une comédie dramatique ayant pour thématiques la vieillesse, la mort et la famille. Les trois réalisateurs âgés de 25 ans à la sortie du film ont étudié ensemble à l’EMCA – Ecole des Métiers du Cinéma d’Animation à Angoulême. L’histoire, réaliste, retrace les difficultés dont sont confrontées les personnes âgées de nos jours en France. Sujet tabou, la fin de vie est rarement représentée au cinéma. Amour de Michael Haneke (Palme d’Or du Festival de Cannes 2012) en est une exception, et avec ce même réalisme réussit à toucher le spectateur qui s’identifie : c’est l’histoire de mon grand-père, de ma mère, de mon frère, ou de ma femme...et moi-même je vais passer par là.