BEACH FLAGS de Sarah Saidan

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En écho au festival international du court métrage de Clermont-Ferrand -du 2 au 10 février 2018- Ciel en profite pour vous offrir deux courts métrages primés dans le festival de courts métrages le plus important au monde. Rien que ça ! Retour tout d'abord sur cette première page dédiée avec l'animation de l'iranienne Sarah Saidan, sélectionnée en compétition nationale en 2014 : Beach Flags.

L'histoire...
Vida, 18 ans, est maître-nageuse en Iran et dans l’équipe de nageurs-sauveteurs, personne ne lui arrive à la cheville. Vida est déterminée à gagner une compétition internationale qui doit prochainement avoir lieu. Mais ses espoirs sont contrecarrés par l’arrivée de Sareh, aussi rapide et aussi talentueuse qu’elle.
« - J'ai battu mon record, plus personne ne pourra jamais me battre !
- Ça sert à rien ton record ! On ne peut pas se montrer en maillot. »

La réalisatrice iranienne a choisi de raconter cette histoire peu banale en une jolie animation aux couleurs pastel. L'originalité du court métrage réside notamment dans les séquences de rêves : la vie de Vida est ponctuée de cauchemars dans lesquels ses combats quotidiens sont symbolisés par des noyades. Les couleurs sombres et l'animation énergique de ces séquences amène force et rythme au film.
" L'idée de Beach Flags m'est venue un jour quand je lisais des infos sportives iraniennes. Je me suis rendue compte d'une réalité que existait depuis trente-cinq ans (depuis la Révolution islamique) : les nageuses iraniennes n'ont pas le droit de faire les compétitions internationales. Tout à coup, je regardais la situation de leur point de vue et j'avais envie d'en savoir plus et d'en parler. J'ai trouvé que la technique de l'animation me donnait la liberté de traverser les murs des lieux où on ne peut pas faire rentrer une caméra (par exemple la plage des femmes ou la piscine des femmes) et raconter une histoire vraie que peu de gens connaissent : les compétitions de beach flag." Sarah Saidan

Dans Beach Flags*, Sarah Saidan dénonce la situation absurde à laquelle sont confrontées les nageuses iraniennes, privées de compétitions de niveau international parce qu’il ne faut surtout pas que les hommes les voient en maillot de bain. Seules les maîtres-nageuses ont le droit de participer à des épreuves sportives, mais exclusivement en bord de mer. Et elles doivent porter des tenues recouvrant tout le corps.
*Le beach flag, un sprint sur sable, est un sport où chaque compétiteur, allongé sur le ventre, doit se retourner le plus vite possible pour se saisir d'un drapeau. Il est très populaire en Australie, et, contre toute attente, en Iran, où c'est la seule discipline que peuvent pratiquer les nageuses, privées de bassin par la loi coranique. 

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