Mémoire de la vie rurale... en images

Qu’est-ce que la vie rurale au XXe siècle ? Voici une vaste question à laquelle ont tentés de répondre deux réalisateurs du Centre-Val de Loire, à travers l’utilisation d’images d’archives amateurs collectées par Ciclic. Pour ce  nouveau numéro de Ciel, nous vous invitons à la découverte de ces deux formes courtes, écritures/regards d'aujourd'hui, avec de nouvelles histoires inventées grâce à la magie du montage et à la créativité de leurs auteurs.

A travers ces deux films, le prisme de la vie rurale est abordé par deux portes d’entrées bien distinctes. Xavier Selva, auteur du court Je suis, je filme, part du prisme du portrait pour faire parler ses images. Alors que Cédric Baud utilise quant à lui le travail de la terre comme baromètre des journées à la campagne.

Dès lors, c’est en suivant le regard subtil de ces deux réalisateurs que l’on prend plaisir à découvrir ou redécouvrir ce qu’était le quotidien de ces hommes et ces femmes aux rythmes de vie qui nous paraissent si loin du nôtre, aujourd’hui.

Que l’on ne s’y trompe pas, les liens entre ces deux films sont minces, mais la frontière, elle, reste ténue. Dans le film de Selva, la vie à la campagne est ici harmonieusement mise en scène. On y retrouve tous ces évènements qui marquent la mémoire d’une commune rurale. De l’inauguration d’une église, à la visite du président Charles de Gaulle, en passant par le passage du Tour de France, la représentation de la mémoire s’existe au travers de ces évènements collectifs.

Dans le même temps, Cédric Baud aborde le thème du métier d’agriculteur. Il traite notamment de l’évolution du métier, dépendant de cette société de consommation et de l’évolution des techniques agricoles. Pour se faire, il utilise le monologue comme élément de langage permettant au lecteur de s’identifier plus facilement à l’agriculteur et aux conditions dans lesquelles il exerce son métier.

Monologue que l’on retrouve d’ailleurs dans les deux films. En effet, chacun des récits, racontés à la première personne, permet aux images de gagner en intensité ainsi qu’en identification. Les spectateurs se sentent ainsi plus proches de ces individus, de cette époque révolue, qu’ils ne connaîtront plus et que certains ne connaîtront jamais.
Dès lors, la grande force qui lie ces deux projets et qui représente d’ailleurs toute l’utilité d’un fond comme celui du pôle patrimoine, c’est bien la volonté de conserver la mémoire, la mémoire de ceux qui ont vécu et qui au travers de ces images sont les garants de la conservation d’un patrimoine rural régional.