Les nouveaux talents Centre-Val de Loire : Carte blanche à Nixon Singa

Depuis 2 ans, Ciclic Centre-Val de Loire accompagne les talents émergents de la région dans leur professionnalisation. A travers 2 dispositifs, l'un ayant vocation à préciser les parcours des participants, l'autre à travailler sur un projet d'écriture de court métrage, Ciclic Centre-Val de Loire s'attache à accompagner des aspirants cinéastes dans leurs démarches pour s'intégrer dans le secteur audiovisuel.

Nixon Singa a participé successivement aux Ateliers Ciclic, alors qu'il cherchait à trouver des clés pour mieux connaître le milieu du cinéma, puis à l'Appel à projets de court métrage avec l'envie de "muscler" un scenario de fiction courte qui lui trottait dans la tête.

Aujourd'hui, Nixon a abouti l'écriture de son film Afro Dance, il recherche un producteur qui pourra le soutenir pour le fabriquer. En parallèle, il réalise d'autres œuvres en autoproduction et envisage d'intégrer une école de cinéma pour parfaire ses compétences en matière de réalisation.

Nous avons proposé à Nixon de nous parler d'un film qui a été moteur pour lui lors de son accompagement au sein de Ciclic Centre-Val de Loire.

Le film qui m’a marqué, inspiré pendant mon parcours avec Ciclic est Le Bleu blanc rouge de mes cheveux produit par Yukunkun production.

Entre passé et avenir, amour pour la France et identité camerounaise, Seyna doit prendre sa vie en main. Pendant tout le film, on se laisse absorber par une tranche de vie touchante et éminemment politique qui raconte autant les relations familiales que l’assimilation à la française de la jeune protagoniste, ce à quoi son père s’oppose catégoriquement. « Les années à trimer comme un vaurien parce que je n’étais pas assez français pour eux. Tu crois que c’est ça que je veux pour ma fille ? », dira-t-il à sa femme dans un moment du film, une réplique forte qui en dit long sur son état d’esprit. 

Il y a une autre scène édifiante qui m’a beaucoup marqué où Seyna, avec sa coupe afro, ne rentre pas dans le cadre des photos d’identité. « Vous êtes hors-cadre », telle est la réplique d’un agent de la Préfecture. En quelque sorte c’est comme si le logiciel qui permettait d’avoir le passeport français lui disait non.

J’apprécie particulièrement les questionnements et la portée sociale du film :  choisir la nationalité française, est-ce renier ses origines ? A partir de quand peut-on considérer qu’on est devenu Français ? A travers un conflit familial, le film exprime les questionnements identitaires de la double-culture.