Documentaire et l'art du portrait

Jean-Michel Fauquet : Portrait en mouvement

Deux artistes au travail, côte à côte, face à face ; dedans ou dehors, Henry Colomer observe le photographe dans le silence et souvent, dans la concentration de son atelier, véritable lieu de création où les photos existent alors pour la première fois. Jour et nuit, lumière et obscurité rythment les chemins du photographe dessinateur qui se révèle à travers ces parcours quotidiens. Portrait d'un artiste au travail, Iddu l'atelier de Jean-Michel Fauquet est aussi le regard du cinéaste sur son ami.

Avec une trentaine de films à son actif, pour la plupart documentaires, Henry Colomer nous emmène à la rencontre de personnalités, de portraits ; et dans le même temps, se dévoile. Car il a cette distance, cette écoute et le regard singulier d'un cinéaste portraitiste tel le peintre face à son sujet. Mais quelle définition donner au portrait ?

Au sens général, il s'agit de la représentation d'une personne, mais la définition dans son concept esthétique est plurielle. Etienne Souriau, philosophe, écrit ainsi dans son Vocabulaire d'esthétique : "Le genre du portrait, dans quelque art que ce soit, témoigne d’un intérêt pour l’individuel ; ce n’est pas seulement l’être humain en général, ou tel type de toute une espèce, que rend le portraitiste ; c’est telle personne en tant qu’elle est elle-même (et ceci, même si au travers de l’individu transparaît une idée de portée générale : le portrait ne s’y réduit pas)."

"Jean-Michel est un ami. Quand je doute de moi, je cherche refuge dans ses photos, je l'imagine se frayant un chemin obstiné dans la pénombre qui les enveloppe, et je reprends confiance". Henry Colomer

Jean-Michel Fauquet : né en 1950 à Lourdes, il s'engage dans un périple de douze ans au Canada où il enseigne la photographie à l'université. C'est cependant à Paris qu'il s'installe et qu'il s'expose. Ses travaux ressemblent plus à des peintures à l'huile qu'à des photos. Sa façon de voir la lumière et les formes est très personnelle. Ses procédés de tirage autant que l'utilisation de papiers ou de supports particuliers en font aussi un alchimiste. Dessin, peinture, sculpture, photographie sont autant de techniques qui contribuent à la réalisation de ses images. 

Les œuvres de Jean-Michel Fauquet résultent de procédés qui font appel au dessin, à la peinture et à la sculpture, avant de donner lieu à des photographies proches de l'estampe. Il s'agit essentiellement d'un travail d'atelier, où le sujet, fabriqué à partir de matériaux pauvres, est un prétexte qui suscite chez le spectateur un récit que celui-ci élabore à partir de sa propre mémoire et de son imaginaire. Sa façon de voir la lumière et les formes est très personnelle. Ses procédés de tirage autant que l'utilisation de papiers ou de supports particuliers en font aussi un alchimiste. 
Source : Maison européenne de la photographie, extrait de l'article "Jean-Michel Fauquet - L'Oeil du signe" 


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