"Le Cri du homard" : itinéraire d'un enfant pas très gâté

A l'occasion de CIEL#1 consacré au court métrage, et à l'heure de la cérémonie des César, retour sur le film distingué par le César du meilleur court métrage en 2013, Le Cri du homard de Nicolas Guiot. Avec son premier court métrage, il ne faut guère de temps au jeune réalisateur pour entrainer le spectateur dans une étrange déambulation à hauteur d'enfant.

Dans ce film, le décor se dévoile lentement, dans une agitation sourde prémice à un événement apparemment fort attendu, avec une bande son très intriguante. En une quinzaine de plans assez majestueux, les personnages, le décor, et une tension palpable, tout est posé. Il ne reste plus après au réalisateur qu'à dérouler implacablement son histoire, plongée sans espoir au coeur de la déroute d'un post adolescent ravagé par une guerre qu'il n'aurait jamais du faire, perdu dans sa propre famille en exil.

Porté par une interprétation sobre et juste (la performance de la petite Claire Toumelou est étonnante), une belle photographie et un montage classique mais efficace, ce premier film fait montre d'une très grande maîtrise. La pluie de prix et de sélections en festivals depuis sa sortie en 2012 avec un César et un Magritte du meilleur court métrage en 2013 en apothéose, confirment en plus une carrière et un destin exceptionnel pour ce cri du homard tourné en Région Centre

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