Destination Compostelle

Mauro Carraro vous invite au voyage dans ce court métrage d’animation. Voyage à travers l’espace, entre Arles et Saint-Jacques de Compostelle (Santiago de Compostela en espagnol) et voyage initiatique, au détour des multiples rencontres que Mapo fera sur sa route.

Hasta Santiago, c’est l’histoire revisitée du voyage de Mauro Carraro jusqu’à Compostelle. Histoire revisitée, mais avec un questionnement pour point de départ. Pourquoi ? Pourquoi faire ce trajet de 1600 kilomètres entre Arles et Saint-Jacques ? Les motivations sont diverses. Certains souhaitent avant tout relever un défi physique, d’autres envisagent le trajet comme un pèlerinage, et enfin il y a ceux qui espèrent secrètement que ce voyage leur permettra d’en apprendre plus sur eux-mêmes et sur les autres.  Et c’est précisément avec cette dernière question en tête que Mapo décide de faire le voyage jusqu’à la capitale de la comarque.

L’auteur nous emmène donc sur les routes de Compostelle à travers le regard de son personnage principal, Mapo. Au cours de ses pérégrinations, Mapo rencontre des individus tous plus originaux les uns que les autres. Parmi eux, on peut relever un homme de 60 ans, qui revient de Jérusalem en ayant fait le trajet à vélo. Un autre passe de gîtes en gîtes en faisant la cuisine aux pèlerins en échange d’un hébergement. Enfin, un couple de comptables armé de l’attirail du parfait « runner » tente de rejoindre Santiago en un temps record. À travers ces portraits, l’auteur italien tend à nous montrer ce que la diversité des rencontres lui apporte, ce qu’elles peuvent avoir d’évocateur ou d’inspirant aussi bien dans sa vie personnelle que dans sa démarche artistique.

Démarche artistique des plus singulières. En témoigne l’échelle de certains composants du film, qui apparaissent au spectateur comme étant démesurées. On peut mettre en avant la taille des villes, des cigales ou des maisons, nombres d’éléments qui ne sont que la représentation même des souvenirs que Mauro Carraro a emportés avec lui. Dès lors, c’est en manipulant la proportion des objets qu’il arrive à partager les émotions qu’il a pu ressentir durant son excursion et permettre ainsi au récit de prendre une forme onirique, propice au rêve et au voyage.