FOLLES D'ADAM, de Samuel Bodin

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Samuel Bodin, le réalisateur à treillis et sweat à capuche de la série-bélier T.A.N.K, primé au festival TV 2016 de La Rochelle (meilleure réalisation), s'apprête à débarquer très prochainement avec sa saison 2 (sortie pour le printemps-été 2018 sur Studio +). Revenons un instant avec Ciel sur ses campagnes locales, ses belles galères, ses précieux alliés et ses principaux faits d'armes. Un portrait visuel de ce réalisateur issu de l'autoproduction tourangelle. Samuel Bodin épisode 1 : c'est par ici !

L'aspirant Samuel Bodin, originaire de la campagne riddeloise des beaux cantons de l'Indre-et-Loire rêve secrètement de réalisation cinématographique, mais préfère emprunter la voix plus « officielle » pour lui du théâtre où il commence ses premières armes dans des matchs d’improvisation. Il entre ensuite au Conservatoire de Tours, en 2000, où il rencontre toute une armada de jeunes talents locaux (Alexandre Philip, Charlotte Ligneau, Matthieu Lemeunier, Charlotte Gosselin, Laurent Seron...) avec qui il se noue d’amitié et avec une partie desquels il va créer, en parallèle de ses études d’arts dramatiques, la compagnie de théâtre : les Gueuribands. La folle garnison va alors sévir sur les toutes scènes de la région, terroriser en Avignon et monter à l'assaut de la capitale avec leur spectacle Ma femme, véritable True Romance scénique mis en scène alors par le tout jeune inglorious salopard.

« Avec cette compagnie de théâtre, la volonté n’a jamais été de se moquer, nous voulions créer quelque chose à côté pour pouvoir faire toutes les choses qu’on nous interdisait de faire. Comme je peux aimer tous les genres de cinéma, ce qu’on voulait avec Les Gueuribands, c’était échapper aux carcans dans lequels on nous mettait. Il y avait quelquechose qui nous gênait beaucoup dans le fait de hiérarchiser la culture, de dire par exemple que tel film est moins important que ce grand film-là … Non, pour nous c’était juste différent, comme Shakespare et les Monty Pithon par exemple, on aime les deux très fort.»

De sa rencontre avec Charlotte Gosselin au conservatoire, naîtra aussi le premier scénario d’un court métrage plutôt gore L'Auberge. Avec l’aide précieuse à l'époque du tourangeau Frank Ternier et de son association L’Astronef, il réalise ainsi en 2002 son tout premier film à l'énergie folle des toutes premières fois. « Avant L'Auberge je faisais des films avec mes copains avec des vieux camescopes, on montait avec le cable branché sur une partie de la péritel et la playstation branchée sur l’autre pour pouvoir balancer de la musique, avec le doigt de pied sur le magnétoscope, on montait comme ça… Là c’était la toute première fois que je travaillais avec une équipe plus professionnelle. » Un premier film « épuisant et avec pas mal de maladresses » mais qui n’en reste pas moins le véritable premier acte fondateur de l’univers narratif et cinématographique « On fait des erreurs que l'on pense pouvoir corriger par la suite et il y a des erreurs que l’on va faire un bon paquet de fois avant de s’en débarrasser parce qu’on ne sait pas comment les éviter. Donc j’ai la sensation quand je tourne aujourd’hui de faire la même chose que sur ce premier film, que ce n’est pas plus dangereux… C’est toujours réaliser une histoire avec les moyens que l’on a sur le moment, essayer de la raconter le mieux possible tout en respectant le travail de tout le monde et de s'amuser, aller le plus loin que l'on peut à chaque fois. C’est toujours la même chose, peu importe les moyens. J’ai abordé le tournage de L’Auberge comme j’ai abordé le tournage de tous les autres ensuite. On a plus de moyens, on a plus de choses, mais je me rends compte que c’est toujours très artisanal, et moi ça me plait !».

Charlotte Gosselin et Samuel Bodin sur le tournage de Kim (2002)