Portrait : Jean-François Lambert, cinéaste amateur en région Centre-Val de Loire

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Filmer le monde, imaginer des histoires, monter ces images bout-à-bout puis leur donner une autre vie au travers d'une histoire née de l'imaginaire d'une personne... CIEL consacre un portrait au réalisateur de films amateur, Jean-François Lambert qui a un nombre conséquent de films à son actif dont la plupart sont visibles via le site mémoire de Ciclic Centre-Val de Loire. 

Avant de découvrir les trois films proposés pour ce portrait, quelques mots sur Jean-François Lambert, né à Créteil en 1933.
Son enfance a traversé la guerre, les bombardements, l'exode. Dans ces années de guerre, il passe ses vacances à Auxerre près de son grand-père artisan menuisier et suit des études jusqu'au BAC où il échouera. Il entre plus tard aux PTT par la petite porte.

Dans les années 50, il se rapproche de son oncle qui avait la peinture et la photo comme Violon d'Ingres. Pour ses 17 ans, son père lui offre sa première caméra, une GIC 8 mm. Tout de suite, il en maîtrise les possibilités. Il dirige les premiers acteurs qu'il a sous la main : sa soeur, ses parents et ses copains. Son premier amour passionnel est né, celui du cinéma.

Plus tard dans les années 60, il rejoint le PCCO (Photo Ciné Club Orléanais) et y trouve une nouvelle dimension à sa pratique de cinéma (voir Côte à Côte).
Le débat d'idée s'installe et très vite aiguise son sens critique. Notamment lors des projections mensuelles du Maryland où il donne la réplique à son nouveau compère Jacques Péan, président de la section cinéma de l'époque. Il réalisera beaucoup de films dans cette période avec ses amis Lachant, Péan, Jamin, Ustin, Villiers. L'esprit club va doper sa production. Il s'investit avec Jacques dans le montage des traditionnels magazines du PCCO projetés à la Chambre de Commerce d'Orléans. On y sélectionne les événements de l'année et il écrit le commentaire souvent emprunté d'humour, de poésie voir d'ironie face à l'actualité.

Il réalise d'autres courts métrages dont Les Fleurs pour Algernon en 1963 pour lequel il fait lui-même la voix off du journal intime du personnage. C'est un succès immédiat et le film gagne en notoriété en remportant des concours nationaux. Le festival de Saint Cast, présidé par Jean-Pierre Melville qui le félicitera largement et la projection à Paris, salle Pleyel marqueront l'apogée de cette aventure. Les Fleurs pour Algernon restera son film fétiche.

En 1973 sans quitter tout de suite le PCCO, il rejoint le club des PTT devenu depuis "Objectif Image" dont il deviendra président. Il tournera ensuite un film fantastique Ariane (1980) avec Jean-François de Givenchy.

Ces films marqueront la fin d'un âge d'or du cinéma amateur rattrapé par la vidéo. Leur notoriété contribuèrent à faire évoluer sa carrière professionnelle : il ouvrira ainsi le premier service audiovisuel de France Télécom à Paris dédié à la formation continue où il tournera alors avec des moyens professionnels. Il donnera des cours sur l'image à l'Ecole Polytechnique de Palaiseau, à L'IDHEC (devenu La Femis en 1986) puis à l'UTL d'Orléans. Il reviendra travailler à Orléans pour finir sa carrière à la Direction Opérationnelle de France Télécom au service de la promotion du minitel.

 

FORÊT NOIRE, un film de Jean-François Lambert
Tourné à Fribourg en 1954 I noir et blanc I Film 8mm I 16 minutes

Vues sur la Forêt Noire et ses hameaux, puis un drapeau de Fribourg. Nombreuses vues sur la ville et visite de la cathédrale. Vues sur l'Université et la grande piscine d'été. Un téléphérique mène en haut du sommet Schauinsland, qui domine toute la vallée du Rhin, de l'Alsace et des Vosges. Visite du village et du lac de Titisee, au coeur de la Forêt Noire. Promenade à Feldberg, point culminant de la Forêt Noire, en télésiège. Vue sur le drapeau de Lindau et visite de la ville. Puis visite de Sigmaringen, vues sur son château et son église.

Film de Caméra Club / Film accompagné de musique et de commentaire

 

L'OUEST AUX TROIS VISAGES, un film de Jean-François Lambert
Tourné en Arizona (Etats-Unis) en 1980 I couleur I Film super 8 I 13 minutes

Introduction avec diverses images de l'Amérique de l'ouest.
"Visage d'ombre". Voyage dans les villages des Hopi, les plus reculés de la réserve navajo.
"Visage pâle". Arrivée à Las Vegas. Commentaire satirique sur des images des joueurs et lumières de Las Vegas.
"Visage d'espoir". Nombreuses et diverses images de San Francisco et ses habitants, montrant une ville ouverte et tournée vers l'avenir où tout est possible.

Film de Caméra Club / Musique et voix off

 

CÔTE A CÔTE, un film de Jean-François Lambert
Tourné à Cannes en 1960 I noir et blanc I Film 8mm I 9 minutes

Nombreuses vues sur les plages de Cannes, les vacanciers et leurs activités. Avec beaucoup d'humour, la voix off et le montage portent un regard satirique et amusé sur cet évènement que sont les vacances.

Film de Caméra Club / Film accompagné de musique et de commentaire