Sólveig Anspach, les femmes au premier plan

Figure incontournable lorsqu'il s'agit d'évoquer un cinéma au féminin, CIEL propose un focus sur la réalisatrice Sólveig Anspach, en forme d'hommage pour cette figure du cinéma français et européen. Voir Anne et les tremblements, c’est poser un regard sur l’œuvre lumineuse de la réalisatrice, et tenter d’appréhender la richesse de son langage cinématographique en se plongeant dans son univers singulier.

On considère souvent le court métrage comme une forme permettant à de jeunes auteurs de réaliser leur premier geste de cinéma, pourtant c'est également un temps d'expérimentation et des cinéastes reconnus pour leurs long métrages affectionnent le court et l'espace de liberté formelle qu'il offre. C'est le cas de Sólveig Anspach qui en 2010 et entre deux longs métrages (Back Soon et Queen of Montreuil) décide de revenir à une forme qu'elle perçoit comme une "nouvelle" avec la réalisation d'Anne et les tremblements

L’univers de la réalisatrice se conjugue souvent au féminin. En effet, sa filmographie est traversée de figures féminines quelles soient militantes, artistes ou simplement prises dans les tourments d’un réel douloureux. Au plus proche de ses personnages, les portraits toujours sensibles et profonds sont réalisés avec les protagonistes eux même, il ne s’agit pas seulement de filmer les personnes mais de filmer avec les personnages. Anne et les tremblements s'inscrit dans cette écriture et dans cette vision du cinéma comme un art partagé et collectif, ou l'acteur dans sa part d'improvisation participe de l'ambiance et de l'identité du film. En effet, Anne Morin y interprète son propre rôle, et Sólveig Anspach met en scène l'histoire véritablement vécue par son amie.

Réalisatrice de documentaires lors de ses premiers pas de réalisatrice à la sortie de la FEMIS, Sólveig Anspach alterne dans sa filmographie entre les deux genres. Ses films sont également l’occasion d’interroger le rapport entre fiction et réalité et de faire interagir les deux aspects du travail de réalisateur. Dans Anne et les tremblements, l’enquête se situe à la frontière entre documentaire et fiction. Les éléments réels sont mis en scène, et la fiction est l’occasion d’amener une part d’absurde au récit, et d’ajouter une touche de fantaisie à la réalité. Ce mélange entre vrai et faux, entre fiction et réalité, Sólveig Anspach l’a expérimenté dans son œuvre, dans des fictions très proches de la réalité, ou dans des documentaires fortement mis en scène. 

Anne et les tremblements est un cout métrage qui invite à pousser la porte de l'oeuvre de Sólveig Anspach, et de se laisser entrainer dans son univers cinématographique sensible, intelligent et attachant.