Orogenesis ou la naissance du monde...

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Comme il nous l’a déjà prouvé dans ces précédents films Rhizome (2015) ou La Chute (2018), tous deux soutenus par Ciclic Centre-Val de Loire, Boris Labbé a un sens de l’observation de la matière et de sa mutation hors du commun. A mi-chemin entre l’exploration scientifique et la florescence artistique, Boris Labbé déploie sous nos yeux fascinés les mondes insoupçonnés de l’infiniment grand ou petit. La matière s’étend et se creuse sans fin au bon vouloir d’une musique interstellaire non moins enivrante. C’est un lointain voyage au cœur de la matière et de l’inconnu qui nous ouvre ses portes.

Entièrement autoproduit, Orogenesis nous ramène aux origines du monde, à l’époque où l’univers n’était que chaos. Transportés hors du temps, on assiste alors, médusés, à la création de reliefs primitifs qui formeront nos futures montagnes. Selon le dictionnaire, l'orogénèse est "le processus de formation des reliefs de l'écorce terrestre". Ou serait-ce en fait la déesse Gaïa qui est à l’œuvre ?
Pendant huit minutes, notre esprit vagabonde entre attention scientifique et rêve d’une image en mouvement perpétuel. On aurait envie de toucher cette roche, de confirmer par la main ce que nos yeux et nos oreilles nous suggèrent. Mais tout cela nous dépasse. La reine est la matière elle-même qui n’abrite encore aucune forme de vie si ce n’est la sienne propre. Point d’humain, d’animal ou de végétal pour nous distraire de ce bal grandiose et brut, chamarré de noir et de gris. Le son à la fois profond et incisif nous entraîne des millions d’années en arrière.
 
Remarqué dans de nombreux festivals, Orogenesis se distingue par son approche visuelle de la matière mais aussi par son travail du son qui lui a valu plusieurs récompenses dont le Prix du meilleur son au Festival International du Film d'Animation de Paris en 2018.
Avec plus de dix films, installations ou expositions à son actif, Boris Labbé caractérise un peu plus à chaque œuvre son style et son univers, toujours plus hypnotisant et sensoriel. La Galerie Miyu présente ainsi son travail : « la démarche d’animation expérimentale du réalisateur et illustrateur Boris Labbé se veut thématique et illustre la palingénésie, notion faisant à la fois appel à la boucle et à la régénération: retour cyclique de mêmes évènements, réapparition régulière de caractères ancestraux et retour éternel à la vie. » 

Pour aller plus loin dans la découverte, rendez-vous au Festival national du film d'animation de Rennes du 24 au 28 avril 2019, où La Chute est sélectionné en compétition.